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Philosophie et pratique >>

 

L'éducation sentimentale
(2)

Automne 2019

Annonce

N’y-t-il pas une sorte d’attitude universelle propre à l’apprentissage et à la pratique des sciences, entendues en un sens large ? Ne faut-il pas se mettre dans une certaine disposition d’esprit et de sentiment particulière, permettant le calme nécessaire à la concentration sur des idées et opérations abstraites, différentes de celles qui nous préoccupent dans la vie quotidienne ? Cette attitude ne nous est pas simplement naturelle, nous l’apprenons, à l’école notamment. Car, spontanément, nous nous trouvons dans l’agitation des sentiments, qui orientent notre pensée vers leurs objets, en fonction d’intérêts qui ne sont pas souvent ceux de la connaissance. Il faut donc une discipline pour produire le calme dans nos sentiments et libérer l’attention afin de la rendre disponible pour la science. Il en va ainsi pour la philosophie dans la mesure où elle est également recherche de connaissance. Mais elle est également réflexion morale, recherche de perfectionnement de la pratique et des sentiments eux-mêmes. La discipline des sentiments, qui est une sorte d’étape préliminaire pour l’étude scientifique, devient son activité constante. Son point de départ se trouve donc, non pas simplement dans un état de calme favorable tel que requis pour l’étude scientifique, mais dans la richesse concrète des sentiments qui influence la réflexion elle-même. C’est pourquoi il importe au philosophe de connaître non seulement le phénomène général de la dépendance de la connaissance par rapport aux sentiments, mais également la nature des sentiments particuliers qui influent effectivement sur la réflexion concrète dans laquelle il s’engage. Or cette tentative de comprendre la manière dont l’activité philosophique est conditionnée par le jeu contingent des sentiments présents, en lui et dans sa société, constitue ce que nous appelons un diagnostic philosophique. Et c’est à un tel diagnostic que nous nous consacrerons.

Lectures :

  • Montaigne, Essais
  • Nietzsche, L’Antéchrist
  • Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion
  • Musil, L'homme sans qualités
  • Hesse, Le jeu des perles de verre
  • Gilbert Boss, Jeux de concepts
 

Introduction

Thème

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Position du problème

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Gilbert Boss


 

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