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Il est évident ici que l'effet de
la culture du goût est profond et modifie le tempérament lui-même, qui, au
début de l'essai, paraissait nous échoir comme une fatalité du destin. Il
n'est pas dit, certes, qu'il soit possible de le bouleverser ou de le changer
totalement. Cette transformation, Hume ne la demande pas à la
philosophie, ni à la spéculation, ni à l'ascèse, mais à l'étude des arts.
Ce qui ne veut pas dire, bien sûr, qu'en écrivant ses réflexions
philosophiques telles qu'il les livre dans ses essais, il ait choisi le mauvais
moyen de contribuer à la culture du goût et à la philosophie, en tant qu'elle
est la recherche du plus grand bonheur ou de la sagesse. Toutefois, c'est dans la mesure où
cette philosophie est également un genre de l'éloquence et un art qu'on peut
espérer d'elle cet effet. Et dans ces conditions, il va de soi que cet essai
s'offre lui-même à être lu comme un morceau de l'art d'écrire, et non comme le
simple exposé d'un raisonnement.
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