quand quelqu’un d’une telle sensibilité de tempérament se trouve confronté à un malheur, son chagrin ou son ressentiment s’empare totalement de lui

Pourquoi Hume choisit-il d'examiner le cas du malheur plutôt que celui du bonheur? Vu la symétrie des deux événements et des passions qui leur correspondent, ne pourrait-on pas dire aussi bien que, dans le bonheur, la joie s'empare totalement de l'homme au tempérament sensible? Oui, bien entendu, et, pour trouver la raison du choix à première vue arbitraire de Hume, il faut mettre en rapport le double sentiment provoqué par le malheur, le chagrin et le ressentiment, avec la double forme du malheur qui avait été indiquée au début du paragraphe, l'infortune et l'adversité. Il se trouve en effet que la tristesse s'empare de celui qu'elle affecte  plus entièrement et plus longtemps que la joie. Et dans ce cas, il est justifié de concentrer l'examen sur ce cas plutôt que sur l'autre.