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Faut-il lire que la fortune nous envoie moins souvent de grandes occasions de
nous réjouir que de nous plaindre, ou bien que nous sommes, de par notre
constitution humaine, plus portés aux grandes peines qu'aux grands plaisirs? Le
ton est de nouveau ici celui de l'observation objective, mais la description
reste ambiguë. A supposer qu'on constate bien, en général, une fréquence
plus élevée des grandes douleurs par rapport à celle des grands plaisirs, il
resterait à savoir si cette proportion vaut pour toutes les sortes de
sentiments. Mais il est vrai qu'on peut conclure que, dans les deux
interprétations, les caractères sensibles vont bien éprouver ce
déséquilibre général, dont on a déjà vu qu'il était comme inscrit dans la
manière dont opèrent sur notre sensibilité les événements favorables
et défavorables.
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