La bonne ou la mauvaise fortune sont très peu en notre pouvoir

Que la mauvaise fortune soit peu en notre pouvoir, c'est une évidence dont il faut tenir compte, mais dont le corollaire est qu'elle est également pour une très petite part en notre pouvoir. La remarque suggère donc l'idée d'une tentative d'influencer le bilan des plaisirs et des peines par l'aménagement de la fortune, et en même temps l'efficacité très limitée d'une telle entreprise.

A propos de notre caractère, nous étions invités à forger l'hypothèse d'un pouvoir de nous donner celui qui nous conviendrait. C'est un jeu que nous ne jouons pas avec la fortune. Cette différence de traitement ne manifeste-t-elle pas que ce n'est pas la délicatesse de passion qui mène la réflexion ici? Car, de même qu'un tempérament plus calme est davantage porté à envisager une possible maîtrise totale sur lui-même, les tempéraments passionnés rêvent souvent de pouvoir influencer le destin et de soumettre la fortune à leurs désirs.