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Comme la délicatesse de passion, la délicatesse de goût
produit des
sentiments polarisés, de plaisir et de déplaisir. Mais c'est maintenant
la
satisfaction et le malaise, et surtout, de manière étonnante, le goût
lui-même et le dégoût. La délicatesse de goût est donc d'abord la
délicatesse d'un certain plaisir, qu'elle rend plus intense sans le
rendre plus
violent, puisqu'il devient au contraire toujours plus exquis à mesure
qu'il est
plus satisfait. Ce qui n'empêche pas qu'il ait son contraire, dans le
dégoût,
qui est un malaise, et non un chagrin. Un autre aspect du goût est
remarquable
par comparaison avec la passion. Alors qu'elle tendait à être
inconsidérée
et à occulter le raisonnement, au contraire le goût est une sensibilité aux
qualités intellectuelles elles-mêmes, idées géniales ou absurdités,
ce qui
s'accorde d'ailleurs avec sa tendance
à l'analyse fine.
Note:
En utilisant les mêmes termes, la traduction fait mieux
ressortir que
l'anglais ce lien intime entre la faculté de goûter, d'une part, et les
appréciations qu'elle porte, d'autre part, le goût et le dégoût.
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