Elles détournent l’esprit de la précipitation des affaires et de l’intérêt

On retrouve ici la caractérisation du mode de vie lié à la délicatesse de passion, et également à la sensibilité passionnelle moins délicate des esprits plus froids. Ce qui leur importe, ce sont les affaires et l'intérêt, et c'est cela qui déclenche toutes les passions ordinaires. Ce mode de vie a également un rythme, celui de la précipitation, qu'on trouve dans la délicatesse de passion, dans la mesure où elle incite à une réaction presque instantanée à tous les événements qui ont quelque rapport avec notre intérêt. Il est vrai que les affaires sont mieux le lot des gens plus froids, et que leurs passions plus calmes les laissent plus disponibles pour faire leurs calculs. Mais, malgré l'apparence, ce rythme des affaires est bien le même que celui de la délicatesse de passion, puisqu'il est dépendant de celui des événements d'une part, et qu'il trouve en ceux-ci les mêmes incitations. Cette précipitation est également la chaîne par laquelle la fortune tient esclaves les hommes et les accapare tout entiers, sans répit.

En revanche, l'intérêt non pour les effets des choses sur l'avancement de nos affaires, mais pour la structure même des objets qui se présentent, caractéristique de la culture du goût, chez les artistes et les philosophes, implique non seulement d'autres intérêts que les soucis habituels des gens, mais également un autre rythme, beaucoup plus lent.