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Nous avons vu que le rythme des passions est celui des affaires, la
précipitation constante, et que l'intérêt, au sens des affaires, s'accompagne
d'un
désintérêt constant pour les choses telles qu'elles se présentent dans leur
concrétude et plénitude sensible. On sait aussi que la tranquillité à
laquelle parvient l'homme de goût ne se confond pas avec le calme passionnel des gens plus froids, dont le style de vie est au
contraire celui des affaires. Peut-être se rapproche-t-elle davantage de celle
à laquelle aspirent les philosophes et qu'ils attribuent à leurs sages, mais
à condition de ne pas la comprendre comme une forme d'impassibilité, qui rend étranger
au monde, puisque, tout au contraire, elle est pour l'homme de goût une
condition pour sentir les choses en les laissant se répercuter plus pleinement
en lui.
Si l'on compare la précipitation des gens à la tranquillité de l'homme de
goût, on découvre aisément que la différence de rythme est liée à une
différence d'attention à la manière dont les choses se présentent,
s'annoncent et passent. La précipitation s'allie à une fixation avide,
impatiente, sur le futur, tandis que la tranquillité s'accorde avec un
intérêt pour le présent et sa propre richesse.
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