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Ce titre du premier des Essais moraux et politiques
suggère un sujet
d'esthétique. A vrai dire, la suggestion serait moins ambiguë si le
titre se
limitait à la délicatesse de goût. On se représente en effet aisément
ce
que pourrait être un goût raffiné. Mais l'idée d'une délicatesse de
passion
est plus curieuse à première vue, bien qu'elle puisse évoquer quelque
chose
comme des sentiments tendres et délicats.
Dans la mesure où l'on peut souvent considérer que le
premier essai d'un
recueil en représente une sorte d'introduction, c'est aussi le ton du
livre
qu'on est porté à deviner dans son titre. Et notre pensée se tourne
vers
l'idée d'une culture raffinée des sentiments.
Le lecteur de l'essai aura pu vérifier que le titre
était approprié. Mais
il s'étonnera peut-être de la discrétion avec laquelle est abordé
l'aspect
moral, pourtant central dans l'essai. Et d'ailleurs, la lecture des
autres
essais, dans leurs diverses éditions, ne démentira pas ses éventuelles
tentatives de les comprendre sous cet éclairage.
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